"Le yoga m'a apporté un ancrage fort dont j'avais besoin"
Dans cette série d'entretien, l'AFYI vous partage l'expérience de ses membres, pratiquants, enseignants de longue date ou récemment certifiés. Aujourd'hui c'est Aurelia Devoit, enseignante certifiée en octobre 2025 qui répond à nos questions.
Merci Aurelia d'avoir accepté notre invitation, pouvez-vous tout d'abord nous parler de votre rencontre avec le Yoga Iyengar® ?
Aurelia : J'ai commencé par la danse quand j'étais toute petite en suivant un parcours en danse-étude, puis je suis entrée au conservatoire et à l’École Atelier Rudra Béjart. J'envisageais une carrière professionnelle mais à mes vingt ans elle s'est arrêtée brutalement à la suite de blessures à répétition et de doutes au moment où je me confrontais à la réalité du métier.
Après de nombreux voyages avec mon compagnon, nous nous sommes installés à Berlin ; l’arrêt complet de toute activité physique me causait des soucis de santé notamment de grosses douleurs au ventre liées à l’endométriose. Par hasard, il y avait un studio de yoga en bas de chez moi. J'ai donc commencé là sans trop d’attentes , et cela m'a fait beaucoup de bien car les pratiques étaient variées : récitation de mantras, cours de Hatha, de Vinyasa , etc. J'ai pu me reconnecter à mon corps sans enjeux, ce qui était très différent de mon rapport à la danse et, avec le temps, certains automatismes sont revenus.
Je cherchais des cours plus rigoureux et j'ai fini par découvrir le yoga Iyengar en 2017. Cette méthode m’a immédiatement parlé et inspiré. La rigueur et la discipline associées aux effets immédiats que j'ai pu ressentir, ont créé comme un pont entre mon passé de danseuse et mon présent. Il m’a paru clair que je devais explorer davantage cette pratique. Je me souviens que j'allais à ces cours à vélo et qu'à chaque fois que j'en revenais, j'avais l'impression de flotter.
Quel a été le déclic qui vous a amené à vouloir commencer le mentorat / la formation pour enseigner le Yoga Iyengar® ?
Aurelia : Je voulais apprendre et plonger vraiment dans la pratique. J'ai été bien accueilli par les enseignantes que j'ai pu rencontrer durant les premières années, Claudia Lamas et Elisabeth Brass à Berlin qui m'ont partagé leurs expériences personnelles et cela m’a conforté dans cette voie.. La pratique du yoga Iyengar m'a apporté un ancrage fort dont j’avais besoin.
Je suis retournée vivre à Paris en 2019, mais il n'y avait pas de nouvelle formation qui démarrait en raison de la réforme de la certification. Comme il était assez difficile de trouver des informations et que je ne voulais pas passer deux ans à attendre, j'ai commencé par une formation en Hatha et Vinyasa Yoga durant la crise sanitaire de 2020.
Mon intention étant toujours de suivre la formation Iyengar, je me suis inscrite aux cours d’Emily Megged au Centre de Yoga Iyengar® de Paris. Emily est très généreuse et j’ai beaucoup appris à ses cours ; en 2022 j’étais prête et heureuse de commencer ces trois années de formation avec elle.
Pouvez-vous nous dire ce qui a été le plus difficile dans cette formation ? Ce à quoi vous ne vous attendiez pas ?
Aurelia : Pour moi, le plus difficile a été la charge mentale qui y était associée. Il faut beaucoup de volonté pour pratiquer, travailler les soirs et les week-ends pour les travaux écrits, être disponible pour les stages et les ateliers mais aussi pour sa famille et ses amis. La vie personnelle est déstabilisée et doit se réorganiser complètement, il faut apprendre à faire des compromis. Mais il y a du plaisir bien sûr et du contentement à s’impliquer totalement. J'étais connectée au yoga en permanence et grâce à cela j'ai beaucoup appris.
Et le plus enrichissant ?
Aurelia : L’une des choses les plus enrichissantes est d'avoir fait partie d'un groupe hyper soudé, hyper présent. Nous avons créé un groupe WhatsApp et tout le monde était disponible pour répondre aux questions ou aux doutes qui pouvaient survenir. Il y avait une grande émulation, beaucoup de partage et de soutien. Comme nous étions une vingtaine d'apprentis, notre formatrice Emily ne pouvait pas toujours répondre à chacun individuellement, donc nous nous sommes entraidés.
J'ai aussi adoré assister Emily dans ses cours niveau 1 et 2, j’ai énormément appris dans l’observation des corps et des ajustements, c’est une grande chance d’avoir eu cette opportunité. Aujourd’hui, je continue l’assistanat au cours des femmes enceintes ou pour cas spéciaux et j’apprends comment prendre en compte des femmes souffrant d’endométriose ou d’autres problèmes gynécologiques. Cela demande un engagement mais c’est précieux.
En quelques mots, comment s'est passée votre certification ? Par rapport à ce que vous attendiez ?
Aurelia : J'ai été très bien préparée à l'évaluation, je connaissais bien le format. Nous avions eu une préparation spécifique lors de stages d'été à la Chaise-Dieu (ndr : stage d'été organisé chaque année par Corine Biria). Le stress est monté à l'approche de la date de l'évaluation, mais celle-ci s'est déroulée comme je m'y attendais. Par chance, elle a eu lieu au Centre de Yoga Iyengar® de Paris que je connais bien ; tous les candidats étaient mes compagnons de formation, donc tous les éléments étaient réunis pour nous rassurer. J'avais même une intuition sur les postures qu'on allait me demander d'enseigner, et ça n'a pas loupé : j'ai reçu Parivrtta Parsvakonasana ! Pas facile à enseigner à 8h00 du matin…
Comment envisagez-vous la suite en tant que nouvel enseignant ?
Aurelia : Ce que je disais à tout le monde après l'évaluation : Tout est pareil, mais tout est différent. On aurait pu croire que cet accomplissement allait tout changer, mais non. J'enseignais déjà avant et je continue d’enseigner de la même manière avec beaucoup d’implication. ça n’est que le commencement. Je remarque tout de même que je peux maintenant souffler un peu…, j'ai plus d'espace et plus de temps. Je suis soulagée que le rythme de la formation arrive à son terme. Je suis aussi plus détendue lorsque je prépare mes cours et je me sens plus assurée et libre.
Je suis très impliquée dans le studio muses Yoga à Montreuil où j’enseigne mais j'aimerais beaucoup rejoindre un Centre de Yoga Iyengar® pour pouvoir utiliser les supports spécifiques qu'on ne retrouve pas dans d'autres studios de yoga et y déployer tout le vocabulaire Iyengar si riche et intelligent. Je vois parfois des élèves qui pourraient vraiment bénéficier de pratiquer avec un trestler ou un banc de Viparita Dandasana. Et cela prendra le temps qu’il faut mais je dois avouer que je me prépare déjà mentalement à passer le niveau 2.
LAURENCE KATZ, DANSEUSE ET YOGINI
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