Yogasara 2012 • N°13

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BKS Iyengar en conversation avec Sa Sainteté
le Dalaï Lama

Dans ce numéro, un entretien entre Yogacharya BKS Iyengar en conversation avec Sa Sainteté le Dalaï Lama réalisé le 20 novembre 2010 à New Delhi. Une conversation autour du bonheur et de la culture du bonheur. Inédit !

Vous trouverez ci-dessous le sommaire de la revue ainsi que le début de l’entretien entre Yogacharya BKS Iyengar et Sa Sainteté le Dalaï Lama. Il vous donnera, nous le souhaitons, envie de télécharger librement l’ensemble de la revue et/ou d’adhérer à l’AFYI en vous connectant à votre espace adhérent.

Bonne lecture !


Sommaire

p. 4 / Invocation
p. 6 / Edito
p. 7 / Jñana Yoga [yoga de la connaissance], Prashant Iyengar
p. 10 / Yogacharya BKS Iyengar en conversation avec Sa Sainteté le Dalaï Lama
p. 18 / Samskara, les empreintes profondes, Geeta Iyengar
p. 21 / Urdhva Dhanurasana
p. 25 / Comment s’attaquer à la dépression grâce au yoga, Prashant Iyengar
p. 29 / Etude scientifique : le Yoga améliore l’humeur
p. 31 / Abhyanga, le bain d’huile, S.F.Biria
p. 36 / Le riz au lait
p. 39 / Editions
p. 40 / Liste des associations nationales de Yoga Iyengar®
p. 41 / Liste des enseignants certifiés

Extrait

Yogacharya BKS Iyengar en conversation avec Sa Sainteté le Dalaï Lama
par Yogacharya BKS Iyengar et Sa Sainteté le Dalaï Lama

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M. Rajiv Mehrotra (modérateur) : "Votre Sainteté, nous allons parler du bonheur et de la culture du bonheur. La manière dont le bonheur est dépeint et compris varie selon les traditions. Dans le yoga, comme dans le bouddhisme, il existe le concept de duhkha et d’élimination de duhkha. Que reste-t-il, qu’arrive-t-il ou quel état d’esprit prévaut lorsque duhkha a été éliminé, effacé ou transcendé ? Nous avons aussi dans nos vocabulaires orientaux plusieurs termes et expressions tels que samadhi, nirvana, moksha, pour désigner cette expérience suprême qu’est la cessation de duhkha.

Qu’est-ce donc que le bonheur ?

Sa Sainteté le Dalaï Lama : J’utilise généralement le titre de guru pour m’adresser aux maîtres indiens. Guruji, qui est là en face de moi, est un vrai guru. Je suis un chela (un disciple). Il ensei-gnait déjà le yoga au moment de ma naissance. (Il salue Guruji d’un namaste). Mon vocabulaire anglais est très très limité. Lorsque nous parlons de bonheur, c’est plutôt dans le sens de satisfaction, de profonde satisfaction. Je crois donc que nirvana/moksha désigne un stade où la source de la souffrance en quelque sorte tarit complètement ; cela est une satisfaction permanente. Le bonheur n’est pas nécessairement le sentiment de plaisir. La souffrance physique apporte aussi parfois une profonde satisfaction.

A un autre niveau, il est, je crois, important de faire une distinction entre la satisfaction qu’apporte une expérience sensorielle et un autre degré de satisfaction qui dépend des expériences faites non pas au niveau des sens, mais au niveau du mental. Là encore, il existe deux sortes de satisfaction. L’une est plus ou moins spontanée et l’autre s’obtient par la pratique, par la culture qui est la nôtre, par le soin que nous y portons, et enfin par l’usage. Prenons l’exemple de la compassion (maha karuna) : bien sûr, il faut d’abord apprendre, puis développer un intérêt sincère, intérêt qui conduit à l’enthousiasme. (...) "

BKS Iyengar : "Nous parlons tous de bonheur, il n’y a aucun doute là-dessus. Le bonheur, vous le savez, comporte différents aspects, tout comme la santé : il y a la santé physique, la santé morale, la santé mentale, la santé intellectuelle, la santé consciente, la santé de la conscience et la santé divine. Tous ces aspects réunis constituent la véritable santé. Nul ne peut dire qu’il est en bonne santé tant qu’il n’a pas la santé sous tous ces aspects.

Il y a, de la même manière, sept états de conscience, les sapta pranta bhumika de prajña. La première conscience est la conscience de ces sept états de santé. Viennent ensuite les sept étapes du contrôle de sarira jñana ou la compréhension parfaite de chacune des fonctions du corps ; puis prana jñana, la manière dont le souffle se meut, coopère et se coordonne avec prana pour nettoyer, purifier l’intérieur du corps que les yeux ne peuvent voir ; la moindre cellule de notre corps est alors disciplinée moralement pour fonctionner sainement. Puis vient la santé mentale.(...) "

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