Yogasara 2009 • N°10

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Le mental, un constituant de citta, la conscience

Dans ce numéro, Guruji évoque le mental via un texte publié dans Astadala Yogamala Vol. 1. Prashant S. Iyengar nous parle de la psychologie du yoga et Geeta S. Iyengar l’esprit yogique au quotidien.

Vous trouverez ci-dessous le sommaire de la revue ainsi que le début de l’article sur le le mental. Il vous donnera, nous le souhaitons, envie de télécharger librement l’ensemble de la revue et/ou d’adhérer à l’AFYI en vous connectant à votre espace adhérent.

Bonne lecture !


Sommaire

p. 2 / Invocation
p. 3 / Edito
p. 4 / Le mental, un constituant de Citta, la conscience (B.K.S. Iyengar)
p. 8 / La psychologie du Yoga (Prashant Iyengar)
p. 14 / L’esprit yogique au quotidien (Geeta Iyengar)
p. 26 / A propos des 90 ans de Guruji (Isabelle Mullie)
p. 28 / Dwi Pada Viparita Dandasana (fiche technique)
p. 32 / Liste des associations nationales de Yoga Iyengar® dans le monde
p. 33 / Liste des professeurs par ordre alphabétique
p. 37 / Liste des enseignants par département

Extrait

Le mental, un constituant de citta, la conscience
par Yogacharya BKS Iyengar

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Dans ce court essai, Guruji BKS Iyengar explique les différents types de souffrances, leurs causes et le rôle de citta, la conscience, dans l’élimination de ces souffrances. Il explique clairement les constituants de cette conscience, et de quelle manière le mental-même en fait partie. Ce texte est une version révisée de l’article publié dans Astadala Yogamala Vol.1. Le yoga ne se contente pas d’analyser la souffrance mais remonte jusqu’à sa racine. Ce que l’on appelle la souffrance, ce sont les afflictions ou klesa. Il existe cinq types d’afflictions qui sont soit visibles et identifiables, soit invisibles, occultées et non-identifiables.

Les cinq types d’afflictions :
- Avidya, l’ignorance
- Asmita, l’égocentrisme
- Raga, l’attachement au plaisir et à l’avidité
- Dvesa, l’aversion, la haine ou la malveillance
- Abhinivesa, l’égoïsme ou la peur de perdre les joies de la vie.

Avidya et asmita sont des défauts intellectuels, raga et dvesa sont des défauts émotionnels, quant à abhinivesa, c’est un défaut instinctif. Ces défauts tendent à confirmer que l’être humain est constitué d’une tête, d’un cœur et de vie. Il doit ainsi user de son pouvoir de discrimination pour obtenir la clarté de l’intelligence, la stabilité émotionnelle dans la tourmente de la vie quotidienne et transformer les peurs instinctives en un état d’être fondé sur l’intuition et l’absence de peur. Le yoga permet de contrôler et de sublimer ces défauts grâce à la perception directe, à l’imagination et à l’analyse qui permet de faire la part des choses. Il explique le processus de réaction à ces afflictions, éclaire les causes de la souffrance et offre des moyens pratiques de l’éradiquer.

Ainsi, le yoga permet au pratiquant de faire l’expérience d’un état de béatitude sans mélange. Etant donné que les afflictions et les émotions, comme le plaisir et la joie, font partie des mouvements de la conscience, la sublimation de la conscience et de la volonté par le biais de l’effort conscient est la clé pour libérer le soi de la philosophie de la souffrance et de la joie. Dans les Yoga Sutra de Patanjali, le yoga est défini comme "citta vrtti nirodhah"(YS.I.2), c’est-à-dire l’arrêt de toute forme de pensée, qu’elle soit interne ou externe, qu’elle surgisse de façon volontaire ou involontaire.

Qu’est-ce que citta ? Nous utilisons habituellement le mot "mental" pour décrire plusieurs choses, comme par exemple l’inspiration, l’aspiration, le désir, la force de volonté, l’intelligence, la raison et la conscience. Tout cela est considéré comme relevant du mental. Mais dans la terminologie yogique, citta est une notion à part qui englobe trois éléments entrelacés : le mental, l’intellect et le "je", qui affirme que "je sais". Le mental a le pouvoir de rassembler et de sentir. Mais il n’a pas de pouvoir déterminant."

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