Leçon 9 • 3 mai 2020

De la pratique des cinq principes éthico-religieux.

Du potentiel méditatif des āsana.

"En ce qui concerne les aspects moraux, la pratique des 5 yama fera appel à des pratiques différentes. Par exemple, il est possible que nous pratiquions ahiṁsā (la non violence) d’un point de vue de la morale, mais peut-être que nous ne pratiquons ni satya, ni nécessairement asteya. Cela ne s’applique pas aux principes éthico-religieux. Si vous observez ahiṁsā au sens des yama, vous ne trahirez ni satya, ni asteya, ni brahmacarya, ni aparigraha.

Vous ne pouvez pas dire que vous êtes établi dans ahiṁsā mais pas dans satya. "Je suis non violent, mais je suis malhonnête". La sādhana, la pratique des 5 yama et niyama puis de āsana, praṇāyāma, pratyāhāra, dharana, dhayana, et samadhi n’est rien d’autre qu’une évolution vers sattva guna (la première des trois qualités de la nature), une progression vers la réalité ultime. C’est pourquoi, on appelle cela satsanga. Satsanga signifie aussi sattva sanga, santa sanga, satya sanga.

Ici, en pratique, il y a un engagement qui nous demande d’exécuter chaque āsana avec le cerveau comme point central de la perception consciente. Nous pouvons collecter du matériau ou de la matière à penser qui peut évoluer vers la méditation, la réflexion, l’état méditatif. Comprenez la promesse d’adhyātma (la science spirituelle - cf. vidéo n°13). Vous devez savoir "Qui est le sachant ?". La connaissance est un processus : Qu’est-ce que je sais ? Combien je sais ? Qui sait ? Quelle est l’entité qui sait ? Quel est l’instrument ? Il s’agit davantage d’un processus de connaissance que d’un processus d’action.

Cette leçon de Prashant insiste sur le potentiel méditatif des āsana du fait que le matériau de la pensée varie, le contenu de la pensée varie, le processus de pensée varie, le profil du penseur change. C’est pourquoi nous devons commencer à développer cette aptitude à observer. Le processus de connaissance est une composante importante des āsana. Le matériau à disposition du triptyque au cœur de la méditation, c’est-à-dire : le penseur, le processus de pensée et la pensée est immense. On peut méditer sur la pensée, sur le processus, sur le penseur. Voilà pourquoi les āsana renferment tout ce potentiel méditatif. C’est à cause de ce processus.

Quant à la question de savoir ce que créent les āsana au-delà de l’aspect physique et spirituel, Prashant y répond par la définition du terme spirituel et la référence à adhyātma."


Remerciements
Ce texte en français nous est aimablement fourni par Marie-Laurence Cros.