Laurence Katz, danseuse et yogini

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Le témoignage qui suit est celui d’une professionnelle de la discipline du corps. A 56 ans, Laurence Katz a derrière elle trente cinq ans de danse contemporaine et plus de vingt d’arts-martiaux. Il y a une petite dizaine d’année, elle s’ouvre au Yoga IYENGAR®. Découvrez un parcours riche et singulier et laissez Laurence nous expliquer comment la pratique Iyengar lui a donné un second souffle.

Laurence, vous habitez la région toulousaine, vous êtes danseuse-improvisatrice et chorégraphe professionnelle. Pourquoi vous êtes-vous orienté vers le Yoga IYENGAR® ?
Laurence Katz : Comme vous l’avez dit, j’évolue dans l’univers de la danse contemporaine depuis près de trente cinq ans. C’est mon métier. Danseuse et chorégraphe, toute mon énergie et ma créativité sont absorbées par cette discipline. Or il y a une dizaine d’année, j’ai ressenti un énorme besoin de renouvellement. C’était nécessaire de me nourrir autrement et trouver une nouvelle énergie, une ressource corporelle d’une certaine façon plus saine et plus équilibrée énergétiquement.

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Vous auriez pu puiser cette fraîcheur dans les arts martiaux que vous avez longtemps pratiqués ?
L.K. : En effet cela m’a aidé et porté dans la compréhension de la mécanique et énergétique du corps. J’ai fait dix ans de judo, sept ans de Bo Zen Do (escrime à bâton), de l’Aïkido dans une moindre mesure ainsi que sept ans de TAIJI QUAN de style Yang et Chen avec Jean-Jacques Galinier, disciple du maitre Ding Dahong (2005) et reconnu « maître renommé » de Taiji Quan en 2006.

J’étais en de bonnes mains avec Jean-Jacques. Probablement ma recherche ne devait pas passer seulement par le TAIJI du côté de la Chine ! Et puis je ne tiens pas les comptes, ce n’est pas en termes quantitatifs qu’il faut penser mais par une vision qualitative. Restant en contact avec Jean Jacques, je me suis nourrie et continue à me nourrir de son enseignement dans mon quotidien de danseuse et toutes mes expériences dans le domaine des arts martiaux participent à ce chemin.

Alors comment s’est faite la rencontre entre Laurence, la danseuse, et le Yoga IYENGAR® ?
L.K. : Alors que je me trouve en pleine réflexion sur le sens et l’impulsion que je souhaitais donner à ma carrière professionnelle, je pars voir une amie sur Montpellier qui propose de m’inviter à un cours de yoga qu’elle pratique avec Jean-Marie Perre pensant que cela pourrait me plaire. Je ne l’ai jamais regretté ! De retour sur Toulouse, j’ai cherché et trouvé un centre pour pratiquer. J’ai fait la rencontre de Dominique Séchet qui tient le centre Yoga Huit et avec qui j’ai pratiqué pendant cinq ans environ avant qu’elle m’invite à suivre la formation pour devenir enseignante. Ce que j’ai fait entre 2014 et 2017 pour les trois années de formation du base. Je la remercie pour avoir partagé son savoir et ses connaissances avec générosité. Ce n’est qu’un début, la porte vient juste de s’ouvrir dans la nouvelle dimension du Yoga !

Que vous apporte la pratique du Yoga IYENGAR® dans votre métier ?
L.K. : J’observe que je m’appuie beaucoup sur le yoga pour faire évoluer la conception de mon métier de danseuse et de chorégraphe. Dans un premier temps, je pensais plutôt l’inverse parce que ma condition physique facilitait mon apprentissage du yoga. Mais aujourd’hui, ce n’est plus le cas. La perception de mon corps a changé. Travailler les extensions arrière, avant et les postures inversées développe mes facultés à percevoir mon corps dans son intégralité. En danse, une technique peut devenir très unidirectionnelle même si nous sommes dans la recherche du mouvement, s’ouvrir à d’autres pratiques évite l’enfermement. Dans celle du yoga on visite les différents corps sous plusieurs facettes" plus loin : après (bien spécifique à ce yoga) "permet d’explorer des zones du corps à priori inconfortables voir inconnues afin de travailler ses faiblesses et ses atouts pour les transformer et faire évoluer toute la sphère corporelle. C’est simplement formidable. Je recherchai un recentrage, j’ai trouvé le mouvement intérieur avec tout ce travail sur la colonne vertébrale et la respiration.

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Le yoga et la danse se mélangent désormais dans vos semaines et vos journées, le Yoga IYENGAR® reste-il un loisir ou est-il devenu une simple composante de votre métier ?
L.K. : C’est un doux mélange, je remarque que mon rapport au temps n’est pas le même lorsque je pratique le yoga. En danse, il y a des moments de magie, de grâce et d’intemporalité mais souvent nous nous tournons vers la précision du temps, de l’espace, du mouvement. C’est une des raisons qui m’ont dirigé vers l’improvisation, là ou je pouvais lâcher mes connaissances et ma créativité dans d’autres espaces de liberté. En yoga, je profite des asanas, je laisse le souffle faire son œuvre. Allez au-delà de ses limites demande une vigilance, un éveil, c’est aussi vers ces nouveaux espaces que le yoga me conduit. J’ai confiance dans les multiples facettes de cette pratique.

C’est une différence importante qui m’amène à penser que le yoga reste une voie à part entière avec une grande exigence même s’il m’accompagne dans chaque instant de danse. Certains témoignages d’élèves sont éloquents à ce sujet. Le yoga résonne dans mon travail de danseuse et j’y trouve plus de symbiose et d’expertise. Je (re)-prends plaisir à enseigner. Après avoir enseigné 22 ans la danse, j’étais un peu saturée, je me sentais asséchée. J’avais perdu le sens et le pourquoi j’enseignais cet art. Depuis que je pratique le Yoga IYENGAR®, je redouble de créativité. Et cela touche aussi ma vie personnelle. Mon état d’esprit général est modifié, je suis plus apaisée. J’ai une conscience nouvelle de l’existence. Le yoga est pour moi une nourriture de confiance même si je le pratique toujours avec beaucoup d’humilité.

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A propos de Laurence Katz
Laurence Katz dispense des cours de « yoga pour les danseurs » dans le cadre de la formation « Extensions » au CDCN Centre de Développement Chorégraphique National de Toulouse. Elle enseigne également le Yoga IYENGAR® à Toulouse, au centre Yoga Huit, et à Localune pour l’association ATYI à Plaisance-Du-Touch en banlieue toulousaine. Elle a enseigné pendant sept ans la danse à l’école des arts du cirque de Toulouse « Le Lido » et plus de vingt ans dans des structures en Midi-Pyrénées. Elle est directrice artistique, et chorégraphe danseuse pour DADADZO Cie et interprète et improvisatrice pour des compagnies en France et en Europe.