Jérôme Briaux, itinéraire d’un yogi pas comme les autres

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Enseignant de Yoga IYENGAR® en région toulousaine (Toulouse et Buzet-sur-Tarn), Jérôme Briaux est un homme et un yogi à part. Initié au judo dès son plus jeune âge, passé par la boxe française, la capoeira et le Hatha yoga, il attendra des blessures chroniques et une longue rééducation pour dévorer Lumière sur le Yoga. Un parcours initiatique rare et singulier que l’AFYI vous propose de découvrir.

Jérôme, pouvez-vous évoquer votre rapport au sport ?
De mémoire, j’ai toujours eu besoin de bouger. Tous les jours. Je ne concevais pas une journée sans activité physique. A l’âge de 4 ans, j’ai fait mes premiers pas sur un tatami et j’ai appris le judo. J’ai pris beaucoup de plaisir à pratiquer cet art martial dit « moderne ». J’ai passé de longues années à découvrir les forces et limites de mon corps, mais également ma force mentale. Assimilé à un sport de combat, le judo ne fait pas de cadeaux si vous ne développez pas une certaine harmonie entre le corps et l’esprit. Ainsi, pendant vingt ans, kimono sur le dos, j’ai fait cet apprentissage. Long et salutaire.

Pourquoi avoir mis fin à la pratique du judo ?
J’ai souhaité ouvrir mon horizon. Voir autre chose. Dans ma personnalité « fougueuse » se cache également une personnalité « curieuse », et j’ai fait la démarche de me tourner vers la capoeira. J’ai pratiqué durant deux ans. J’ai apprécié la fluidité et la dimension aérienne de cette pratique. A tel point que j’ai initié mon fils qui, aujourd’hui, pratique encore cet art martial afro-brésilien. J’ai ensuite pris le chemin de la boxe française. J’avais besoin d’apprendre à porter mes frappes. Il y avait une énergie que je souhaitais apprendre à maîtriser différemment. J’ai eu la chance de rencontrer un entraîneur de très haut niveau, Raphaël Chapelle. J’ai beaucoup appris sur moi. De la discipline à l’intuition en passant par le déplacement, et la fluidité des coups, j’ai étoffé mon potentiel général. Dans le sport mais également dans mon quotidien.

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Vous êtes aujourd’hui enseignant de Yoga IYENGAR®, pouvez-vous nous expliquer quel est le chemin emprunté pour passer de la sueur et des gants, à des sangles et des tapis ?
(Sourire) Peut-être pourrais-je dire : « Merci les blessures. » J’ai en effet souffert de tendinites à répétitions et j’ai dû arrêter ma pratique sportive pendant près d’un an à cause d’une opération à l’épaule. Vous imaginez ma frustration et ma contrariété. Moi qui ai toujours équilibré ma vie grâce au sport, je rongeais mon frein et devais faire l’expérience de la patience. J’ai alors décidé de repartir à zéro de reprendre les bases de stretching postural et de Hatha yoga que j’avais progressivement intégré à ma pratique sportive. Pour autant, malgré des semaines et des mois de pratique, j’étais insatisfait de ma récupération. J’étais raide et faible. Jusqu’à ce que je lise Lumière sur le Yoga. Ce fut une révélation.

Quel a été votre sentiment à la lecture de cet ouvrage de référence de Guruji B.K.S. Iyengar ?
J’étais intrigué et fasciné. J’ai été impressionné par le nombre de postures, la partie thérapeutique et le programme progressif sur 5 ans. Il ne m’en fallait pas moins pour que je me dise intérieurement : « Le voici mon nouveau défi ! ». C’est ainsi qu’au bout d’un an, je me suis retrouvé à pratiquer deux heures et demi par jour. Seul. Comme un autodidacte. J’appréciais le côté complet de la méthode : je travaillais profondément toutes les parties de mon corps. Surtout, j’ai constaté le calme mental à la fin de chaque séance. Je ressentais un équilibre entre le « physique et l’esprit » jamais perçu jusque-là.

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Vous pratiquiez seul ? Vous n’avez pas ressenti le besoin de vous faire accompagner ?
En effet, ma pratique solitaire a duré trois ans jusqu’à ce que je rencontre Valérie Métivier, Dominique Séchet, June Whittaker et Christian Pisano. Alors bien sûr, à leur contact, et avec le temps, j’ai intégré la différence entre la pratique développée en solo et la valeur ajoutée de tels enseignants. Mon ego en a parfois pris un coup. Moi qui étais dans la maîtrise du corps, je pratiquais en force, je me suis entendu dire à maintes reprises : « Tu es trop dans le contrôle Jérôme ! Lâche un peu. » Depuis j’ai compris le sens de la liberté dans la pratique. Merci pour ça. Merci.