Cyclisme de compétition et yoga : deux pratiques complémentaires

Les athlètes souffrent souvent de lésions, blessures et autres maux dus à la pratique intensive du sport. Cycliste de haut niveau depuis vingt deux ans et titulaire d’une licence Pass cyclisme délivrée par la Fédération française de cyclisme pour les compétitions et pour la Police, Lionel Ohl, 44 ans, a réussi à soigner une névralgie cervico-brachiale par la pratique régulière du Yoga. Il a accepté de partager son expérience avec l’AFYI.

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À quelle fréquence pratiquez-vous le cyclisme ?
Lionel Ohl : Je m’entraîne quatre à cinq fois par semaine sur route et je parcours environ 12 000 km par an. Je participe notamment à de grandes courses dites « cyclosportives » comme des étapes du Tour, « Les 3 ballons », et « Liège Bastogne Liège ». Dans le cadre de mon activité professionnelle – je suis CRS sur l’autoroute à Strasbourg –, je bénéficie d’un aménagement du temps de travail, qui me permet de m’entraîner deux à trois heures hebdomadaires.

Qu’est-ce qui vous a amené au yoga ?
L.O. : J’ai commencé à pratiquer en 2000 après avoir souffert de forts vertiges dus à une névralgie cervico-brachiale (douleur touchant la nuque). Après trois mois d’arrêt maladie et une année entière au cours de laquelle je souffrais de vertiges, un ami kinésithérapeute m’a mis en contact avec un ostéopathe parisien, Dominique Martin, qui traite beaucoup de sportifs.

Grâce à son livre Comment entretenir, protéger son patrimoine physique, dans lequel il recense 400 postures de Hatha Yoga (que l’on trouve dans Light on Yoga), j’ai commencé à pratiquer seul sur un tapis. Un mois plus tard, j’ai pu reprendre le vélo et la compétition, alors que je n’avais plus fait de sport pendant un an ! J’ai très vite décidé d’approfondir le yoga, et j’ai trouvé mon enseignante.

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Comment adaptez-vous votre pratique du yoga à votre pratique sportive ?
L.O. : Je pratique le yoga depuis quinze ans, trois fois par semaine au minimum : un cours par semaine avec mon professeur, et deux séances de pratique personnelle chez moi. Je trouve que le Yoga IYENGAR® s’adapte parfaitement à mon tempérament et à mon caractère : j’aime la précision, la rigueur, les alignements, le côté sportif et endurant de certaines postures, notamment les postures debout, les postures arrière et les postures inversées. Depuis quelques années, je préfère faire des séances de yoga les jours où je ne roule pas à vélo. Il m’arrive souvent de pratiquer le lendemain d’une compétition, afin de mieux récupérer musculairement et de remettre le corps en état.

Je pratique également la veille d’une compétition, pour détendre la chaîne musculaire. J’ai appris à beaucoup aimer les étirements vers l’arrière, et surtout Urdhva Dhanurasana, car cette posture remet tout en place : les os, les articulations, les muscles et les organes. Elle est à l’opposé de la posture que l’on a sur un vélo. C’est la raison pour laquelle elle est importante pour moi.

Que pense votre coach de la pratique conjuguée du yoga et du cyclisme ?
L.O. : Mon coach m’encourage dans ce sens, car il connaît l’importance des étirements dans le sport de compétition. Cependant, il a aussi remarqué qu’il m’arrive d’avoir du mal à terminer les entraînements si j’ai eu un cours de yoga la veille. Je pense qu’il ne s’imagine pas la charge de travail et l’investissement musculaire que représente une séance de yoga de trois heures !

Qu’est-ce que le yoga apporte, physiquement et mentalement, à votre pratique sportive ?
L.O. : J’ai pu gagner en souplesse : rester sept heures sur un vélo n’est plus un souci. Depuis que j’ai eu mes problèmes en 2000, je n’ai plus été blessé et je constate tous les jours le bien-être que procure le fait de prendre possession de son corps et d’être à l’écoute de ses sensations. Sur les longues courses, je vois souvent des cyclistes à l’arrêt, victimes de crampes. Moi, je n’en ai jamais.

Mentalement, on a l’impression que tout est possible. Je dois dire aussi que j’ai un caractère très optimiste. Je côtoie beaucoup de sportifs qui pratiquent différents sports et qui sont souvent blessés, et je leur parle de mon expérience. Je pense que les sportifs ne passent pas assez de temps à la récupération et aux étirements ! Avec le vélo et le yoga, j’ai vraiment trouvé un équilibre que certains passent une vie à chercher. Le yoga, c’est la possibilité de prendre possession de son corps, de pouvoir exercer son sport dans les meilleures conditions et, surtout, d’en finir avec les séances de kiné. En plus d’un mental de plus en plus solide. Une séance d’ostéopathie par an et plusieurs séances de yoga par semaine, c’est la santé assurée !

Propos recueillis par son professeur Valérie Mangold Zierer, enseignante de Yoga IYENGAR® à Strasbourg, et édités par Rita Sabah. Crédits photos, Lionel Ohl, Tous droits réservés.